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04 mar.

Comprendre les Lettres d'Iwo Jima

Merci Monsieur Clint Eastwood pour avoir compris, avec une grande humanité, la nécessité nous faire partager les derniers instants de ces hommes très ordinaires dans l'horreur de la guerre.
Les sacrifices pour retarder l'avance des Américains, et chaque défenseur nippon devait sacrifier sa vie en causant le maximum de pertes à l'ennemi.
Les sacrifices inutiles au nom de la patrie bien aimée et au nom de l'honneur. Et ceux qui ne meurent pas au combat se suicident.
Sur les 22.000 japonais de l'île, seuls 1.000 survivants.

Voilà le thème du film.
Jamais l'histoire officielle ne voudra nous faire comprendre le drame des hommes.
C'est l'honneur de Monsieur Clint Eastwood de forcer ces histoires individuelles en miroir de l'Histoire alors que les témoins ont disparu. La marine impériale nippone est déjà défaite.
La bataille pour Iwo Jima - petite île perdue du Pacifique- est perdue d'avance mais l'état major japonais demande le sacrifice ultime à ses soldats.
Absence à l'écran de ces élites militaires fanatisées pour lesquelles l'honneur de combattre pour la patrie et de réclamer le don de soi (l'autre, bien sur) l'emporte sur le sauvetage des hommes.
Mais la radio de ces élites diffuse des chants patriotiques interprétés par des enfants.
Comprenez bien : la cause est déjà perdue mais la Nation réclame qu'en même cet ultime sacrifice.
Quelle est la nature de cette Nation qui réclame le sacrifice suprême au nom de l'honneur; et la Nation devient alors un monstre qui dévore ses propres enfants.
En mettant en scène les textes des dernières lettres des soldats, jamais envoyées, véritables vestiges archéologiques des derniers jours, le film ausculte les ultimes parcelles de ces hommes. Matérialisation de la peur, du patriotisme, du sens de l'honneur, de la lâcheté, du fanatisme impitoyable, de l'espoir de survivre à l'enfer.
Réflexion sur le don de soi; jusqu'où la nation peut-elle réclamer ce du ?
Est-ce la tare des nations totalitaires ou fanatisées de ne pas se fixer une telle limite.
Savez-vous que l'Amérique a décidé de l'utilisation de la Bombe A sur Hiroshima et Nagasaki face au fanatisme aveugle des militaires japonais prêts à combattre jusqu'au bout et à sacrifier tout leur peuple ?
Cruel dilemme pour une démocratie!


02 mar.

Lettres d'iwo Jima, lettres de guerre

  l'avis
de
Julie

Le film dépeint, avec un très grand esthétisme la bataille au cours de laquelle les troupes américaines ont fait tomber Iwo Jima, île stratégique pour le Japon, au cours de la seconde guerre mondiale.
C'est plus particulièrement les derniers jours de soldats japonais que Clint Eastwood nous raconte à travers la lecture, en voix off, des lettres que ces derniers ont pu écrire à leur famille.
Si le film montre avant tout l'absurdité de la guerre en général, il décrit aussi avec sensibilité les qualités humaines essentielles: le courage, l'honneur, la volonté, l'amitié. Il rappelle aussi les comportements moins glorieux de ceux qui, d'un bord comme d'un autre, sont violents et inhumains.
Le réalisateur ne prend pas parti. Au contraire. Il laisse le spectateur face à l'absurdité de la guerre.
Mais il montre aussi combien la culture japonaise est très différente de la culture occidentale, comment les hommes préféraient alors se donner la mort plutôt que voir la défaite de l'empire.
L'honneur décrit ici est plus fort que celui qui est communément admis par les occidentaux.
Mais le film n'est en rien manichéen car alors que la bravoure de certains soldats qui se tuent peut y être saluée, le "déshonneur" ayant conduit certains à se rendre ou à refuser même de se suicider n'y est jamais condamnée.
La description de la "guerre des cavernes" est sublime. Le spectateur est plongé tout le long du film dans une couleur à peine descriptible: entre le jaune, le vert, le marron, le noir, le sang. Il a l'impression d'être engoncé dans du sable noir, celui de l'île, ou dans du sable rouge, celui des cavernes.
La musique n'est pas en reste et on peut féliciter ici Kyle Eastwood, qui n'est autre que le fils de...
La longueur du film , 2 h19, ne doit pas faire reculer le spectateur qui constatera une nouvelle fois le génie de Clint Eastwood.

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