Le plaisir de la salle noire, de l'écran blanc et d'une histoire qui nous fait rêver ... Ce pourrait être le résumé du cinéma .Mais je ne peux pas m'empêcher d'apprécier encore d'avantage les films à tiroirs, au point d'aimer en trouver partout (des tiroirs) .
L'exemple du film Harry, un ami qui vous veut du bien est interessante à ce titre .La plupart du temps, on a mis en avant les acteurs (notament S.LOPEZ), l'ambiance lourde et prenante, l'originalité, ... .J'ai été surtout sensible à autre chose .
Admettons comme postulat de base que Harry n'existe pas autre part que dans l'imagination du héros ! tout le film prend alors une nouvelle dimension .
Le héros craque de sa femme, de ses enfants, de la route qui n'en finit pas, de ses parents, ... mais sa faiblesse l'empèche de jeter tout ça aux orties .Il profite d'une halte dans une station service pour s'inventer un personnage, issu de son passé qu'il regrette, et qui va l'aider à faire le tri dans sa vie, à remettre tout à plat pour faire ses choix .
A partir de là, il se déresponsabilise de chaque chose qui lui arrive, la mettant sur le compte de ce fameux "ami qui lui veut du bien" .Sa crise de 40 ans devient ravageuse, mais, de son point de vue, c'est Harry le responsable. Le passage le plus parlant étant bien évidemment celui où ses parents meurent : il a enfin "tué" ses parents !
Une fois le travail accompli, Harry ne lui étant plus utile, ce dernier disparait sans laisser de traces, comme s'il n'avait jamais été là ...
Revoyez ce film à travers ce prisme, et vous verrez que tout se tient .
Et vous ressentirez le plaisir et la réflexion !