Bobby: l'histoire d'espoirs perdus
Par Julie Buk, jeudi 15 février 2007 :: Critiques :: #143 :: rss
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l'avis de Julie |
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Sur fond d'une tragédie historique, l'assassinat de Bobby Kennedy, le 5 juin 1968, Emilio Estevez retrace le destin d'une vingtaine de personnes toutes présentes à l'Hotel Ambassador, le soir du drame.
Le propos du film est assez ambigu: on ne sait pas si l'assassinat politique est un prétexte pour fournir une consistance à ce qui est en réalité un simple film chorale ou si cette tragédie a véritablement marqué les destins qui s'y croisent.
Le réalisateur a certainement voulu montrer quels étaient en 1968 les problèmes sociaux et politiques que rencontraient les américains et principalement la guerre du Vietnam, le racisme, la drogue.
Mais en vérité les malaises qu'il dépeint sont assez intemporels et sont essentiellement des tragédies humaines ordinaires.
Car (presque) toutes les histoires qu'il nous raconte sont celles de couples qui se déchirent (le couple campé par Emilio Estevez lui-même et Demi Moore, le couple campé par Sharon Stone et William H.Macy), se redécouvrent (Martin Sheen - qui n'est rien d'autre que le père du réalisateur- et Helen Hunt), se découvrent et se désirent (Elijah Wood et Lindsay Lohan).
Mais il nous parle aussi de trahison (l'infidélité d'un homme marié joué par William H.Macy) , d'ambition ( les deux directeurs de campagne de Kennedy dont l'un est joué par Joshua Jackson), de jeunesse (la découverte du LSD dealé par Ashton Kushler) , de solitude et de vieillesse (Antony Hopkins en directeur à la retraite est très touchant ainsi que son compère Harry Belafonte), de déchéance (Demi Moore en chanteuse ivrogne et tyranique) et d'intégration (Freddy Rodriguez en serveur mexicain tient certainement l'un des meilleurs rôles du film).
Ces histoires n'ont certes pas toutes le même intérêt et on sera davantage touchés par certaines plutôt que par d'autres.
Toutefois chacune d'elles rythme assez bien cette journée inhabituelle et donne au film une grande profondeur.
C'est leur dénominateur commun qui est très fort et qui finalement est au coeur du film: l'espoir qui habite chacun des protagonistes est cristallisé dans la personne de Bobby Kennedy qui, en pleine guerre du Vietnam et après l'assassinat de Martin Luther King (dont le fantôme est très présent tout le long du film), a apporté un véritable message au peuple américain.
Les désillusions et le chaos qui en résulte sont illustrés par cette fin tragique présentée par le réalisateur comme une apothéose.
Tous les destins convergent vers cet instant où, dans la cuisine de l'hôtel Ambassador, est assassiné le sénateur. Ce n'est pas qu'un grand homme qui est tué, c'est l'Amérique tout entière qui est assassinée.
On la sent alors perdue, un peu comme ces gens qui errent dans l'hôtel à la recherche d'une réponse. L'Amérique en sort orpheline et abandonnée.
On peut déplorer à ce film certains artifices et également un manque de spontanéité.
Il se présente , parfois même, comme un travail scolaire, voire un peu comme une copie de Short Cuts, avec le propos politique en plus.
Mais ces défauts ne sauraient oter tout l'intérêt d'un film touchant sur des hommes et des femmes qui en un seul jour ont perdu tous leurs espoirs.
On ne manquera pas non plus de saluer l'interprétation de chacun de ces magnifiques acteurs dont Emilio Estevez a su s'entourer.
Mais il nous parle aussi de trahison (l'infidélité d'un homme marié joué par William H.Macy) , d'ambition ( les deux directeurs de campagne de Kennedy dont l'un est joué par Joshua Jackson), de jeunesse (la découverte du LSD dealé par Ashton Kushler) , de solitude et de vieillesse (Antony Hopkins en directeur à la retraite est très touchant ainsi que son compère Harry Belafonte), de déchéance (Demi Moore en chanteuse ivrogne et tyranique) et d'intégration (Freddy Rodriguez en serveur mexicain tient certainement l'un des meilleurs rôles du film).
Ces histoires n'ont certes pas toutes le même intérêt et on sera davantage touchés par certaines plutôt que par d'autres.
Toutefois chacune d'elles rythme assez bien cette journée inhabituelle et donne au film une grande profondeur.
C'est leur dénominateur commun qui est très fort et qui finalement est au coeur du film: l'espoir qui habite chacun des protagonistes est cristallisé dans la personne de Bobby Kennedy qui, en pleine guerre du Vietnam et après l'assassinat de Martin Luther King (dont le fantôme est très présent tout le long du film), a apporté un véritable message au peuple américain.
Les désillusions et le chaos qui en résulte sont illustrés par cette fin tragique présentée par le réalisateur comme une apothéose.
Tous les destins convergent vers cet instant où, dans la cuisine de l'hôtel Ambassador, est assassiné le sénateur. Ce n'est pas qu'un grand homme qui est tué, c'est l'Amérique tout entière qui est assassinée.
On la sent alors perdue, un peu comme ces gens qui errent dans l'hôtel à la recherche d'une réponse. L'Amérique en sort orpheline et abandonnée.
On peut déplorer à ce film certains artifices et également un manque de spontanéité.
Il se présente , parfois même, comme un travail scolaire, voire un peu comme une copie de Short Cuts, avec le propos politique en plus.
Mais ces défauts ne sauraient oter tout l'intérêt d'un film touchant sur des hommes et des femmes qui en un seul jour ont perdu tous leurs espoirs.
On ne manquera pas non plus de saluer l'interprétation de chacun de ces magnifiques acteurs dont Emilio Estevez a su s'entourer.
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: Elijah Wood
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