Analyse de l'actualité et du box-office cinématographique

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26 juin.

Jerry Maguire: La force d'une énergie positive

Parfois des films vous marquent,vous ne vous l'expliquez pas. Parfois même des films vous touchent au point où vous pouvez les regarder en boucle des dizaines et dizaines de fois. Vous vous l'expliquez. Mais vous ne pouvez pas l'avouer. Le film est niais. Le film est bête à souhait, mal joué, mal réalisé, l'histoire tient dans un micro-mouchoir de poche. Et puis, et puis, puis, "il y a Frida", comme dirait Brel. Le film qui vous fait vibrer mais qui a tous les atouts. Vous n'avez pas honte. Il est beau comme un soleil. Mais j'arrête là l'analogie avec "Chez ces gens là". Car même si je m'inscris en fan de la chanson, elle n'est pas lumineuse comme l'oeuvre solaire de Cameron Crowe que je ne cesse de regarder depuis que je l'ai découverte en 1997, Jerry Maguire.
Ce film fait partie des films de ma vie pas comme un autre, pas comme ceux qu'on regarde des dizaines et des dizaines de fois parce qu'il ferait juste du bien. Ce film a une force intrinsèque presque indescriptible, un tronc fort comme celui d'un séquoïa géant, une luminosité qui irradie de partout, une beauté qui le transcendante, une originalité qui le rend unique, des acteurs qui le rendent beau comme un dieu grec. Jerry Maguire est une oeuvre cinématographique spéciale. Et après l'avoir revue plusieurs fois, j'ai compris comment un réalisateur pouvait créer un jour un tel moment particulier. "Le diable est dans le détail", comme dirait l'autre. Et puis, j'ai écouté les commentaires du réalisateur. Ce dernier nous apprend qu'il a mis plus de quatre ans à écrire le scénario. Je n'étais pas étonnée. Le film est une pure alchimie, une succession de moments parfaits qui s'emboîtent par magie, qui se complètent. Le réalisateur n'a rien laissé au hasard. Ecoutez les dialogues, regardez chacun des détails, ne laissez rien vous échapper amis lecteurs, futurs (est-ce encore possible) spectateurs. Devant vous, laissez se dérouler cette histoire, a priori complètement banale, et puisez y une envie, une philosophie, un poème, un éclat de rire, un sourire.

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18 sep.

High Fidelity: Aux amoureux de la Musique

Je ne l'avais pas revu depuis sa sortie en salles...en 2000. A l'époque, interrogée au cours d'un micro trottoir, par une journaliste, je l'avais qualifié de "frais"....Hérésie! peut-être due à une incompréhension de ma part. High Fidelity présente bien plus que les simples atouts de la "fraîcheur"... C'est une Ode aux amoureux de la musique. Enfin, je veux parler des vrais amoureux, des collectionneurs, des "mecs" un peu fêlés, des fétichistes. Pas des musiciens. Encore moins des amateurs du dimanche. Ceux qui pensent "avoir une bonne culture musicale" découvriront, en visionnant ce petit bijou drôle et sans prétention, qu'ils ne sont que des ignards....
Car Rob (interprété par John Cusack qu'on aimerait voir plus souvent...surtout dans des rôles lui permettant de montrer la mesure de son talent), héros de High Fidelity, et ses acolytes, avec lesquels il tient une boutique de vinyls à Chicago, sont des maîtres en la matière. Dans leur caverne d'Alibaba remplie des pièces les plus rares, les plus recherchées, les plus épuisées, rien n'a de mystères pour eux. Ils connaissent tout. Leur goût est assuré.

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28 fév.

"La rose pourpre du Caire", entre l'écran et la réalité

La Rose pourpre du Caire est un ovni dans l'histoire du cinéma et dans l'oeuvre de Woody Allen. Il ne ressemble à aucun autre film et n'appartient à aucun genre. Bien que l'on y retrouve certains des ingrédients magiques préférés de Woody Allen, il est unique et se départit des autres Anna et ses soeurs, Manhattan, Maris et Femmes.
Il nous raconte, à la manière d'un conte de fées, l'histoire de Cecilia (Mia Farrow), femme travailleuse, mariée à un homme infidèle joueur et fainéant, qui trouve son oxygène et sa raison de vivre dans les films qu'elle va voir au cinéma. L'un d'eux, "la Rose pourpre du Caire", attire particulièrement son attention. Hypnotisée par l'histoire, l'aventure et les personnages hauts en couleur, elle tombe sous le charme de l'un deux, un archéologue aventurier coiffé d'un casque colonial. Ce dernier finit par entrer en contact avec Cécilia et par sortir de l'écran pour vivre avec celle-ci, dans la vie réelle une idylle improbable.


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27 nov.

Tootsie ou la femme des années 1980

La "pure" comédie est souvent boudée. On lui reproche de ne pas réunir, par définition, les ingrédients magiques d'un chef-d'oeuvre: la profondeur, l'émotion, un sujet fort, le drame, la sensibilité. Bref, si le spectateur n'hésite pas à aller voir une pure comédie, il rechigne souvent à faire figurer dans son panthéon des chefs d'oeuvre la "pure" comédie. En revanche le snobisme intellectuel tolère la comédie lorsque celle-ci s'associe à un autre genre, comme la comédie-romantique (on songe à Quand Harry rencontre Sally), la comédie-dramatique (Tendre passion....sniff) ou la comédie dégantée (Snatch). Et pourtant, il existe des pépites cinématographiques parmi les "pures" comédies. Rappelons nous, un court instant, de ce film génial, qui a marqué le début des années 1980: Tootsie (1982). Sans tomber dans le mélo ou dans la comédie romantique, sans faire appel aux entrailles du spectateur, mais en se contentant de le faire rire aux larmes, de le divertir, ce bijou de Sidney Pollack a réussi à se hisser aux côtés de chefs d'oeuvre intemporels. Plusieurs raisons m'ont personnellement fait succomber aux charmes de Tootsie
 

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01 oct.

"Magnolia", parce que sa musique est bonne...

  l'avis
de
Julie

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Pendant la lecture de cet article écoutez, sans modération, les trois titres inclus dans l'article ...

Longtemps classé parmi mes films préférés, j'ai eu la curiosité récemment de revoir Magnolia (Paul Thomas Anderson, 2000). J'ose à peine décrire ma déception. Dois je même dire qu'il ne figure plus dans mon panthéon des chefs d'oeuvre? Définitivement, oui. Il fut pourtant pendant longtemps le film qui suscitât le plus d'émotion chez moi.
Petit frère de Short Cuts (Robert Altman) de 6 ans son aîné, Magnolia mèle les destins de plusieurs protagonistes comme les maillons d'une chaîne. Ils n'ont pas d'intérêt commun. Mais chacune des histoires est plus moins liée aux autres par un infime détail. Le réalisateur a voulu d'emblée (dès la première minute du film) montrer combien les vies n'étaient jamais parallèles et comment le hasard pouvait les lier à tout jamais.

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13 juin.

In the mood for love: the lonely hearts club band

  l'avis
de
Julie
Derrière le sempiternel thème des amours impossibles se cache l'un des films les plus originaux, les plus sensibles et les plus subtils de tous les temps.
Hong kong 1962, deux couples emménagent simultanément dans le même immeuble, dans des appartements mitoyens: les Chow et les Chan. L'histoire n'est recentrée que sur monsieur Chow (interprété par le touchant Tony Leung) et madame Chan (Maggie Cheung). Le réalisateur prend d'ailleurs le soin de laisser dans l'ombre leurs conjoints respectifs que le spectateur ne verra jamais. Et pourtant tout commence par eux. Très vite, monsieur Chow et madame Chan comprennent en effet que ces derniers entretiennent une liaison. En essayant de comprendre comment cette liaison a pu commencer, ils tombent progressivement amoureux l'un de l'autre alors même qu'ils se sont jurés de ne jamais "faire" comme leurs conjoints.

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19 avr.

Sexe, mensonges et vidéo: de la profondeur en toute simplicité

Pour son deuxième film réalisé en 1989, Steven Soderbergh, alors seulement âgé de 26 ans, a emporté la Palme d'or au festival de Cannes.
Cette oeuvre personnelle et très humaine trouve sa place parmi les plus grandes du réalisateur (aux côtés de Out of sight- Hors d'atteinte- en français, de Erin Brockovich et de Traffic) lequel semble s'être malheureusement aujourd'hui perdu entre Ocean eleven 12 et Ocean 13.
Sexe, mensonges et vidéo est une histoire simple: celle d'un couple dont le mari, un menteur invétéré, John , interprété par Peter Gallagher, trompe sa femme, Ann, campée par la magnifique Andie Macdowell,avec la propre soeur de cette dernière, Cynthia (Laura San Giacomo la copine de Julia Roberts dans Pretty Woman).
Ann suit une thérapie pour appréhender ses névroses: obsession de la propreté et du ménage, obsession de l'ordre, du calme, frustration sexuelle. Elle souffre sans véritablement comprendre la raison de ses maux. Mais elle tente d'oublier cette douleur par des considérations matérialistes: son mari est un riche avocat et son intérieur est confortable. Bref, la belle dame est en implosion mais elle l'ignore encore. Cette vie "ordinaire et bien réglée" prend un tour différent lorsque John invite un de ces anciens camarades de fac à venir vivre quelque temps chez lui: Graham Dalton, l'ami en question, interprété par l'angélique James Spader, ne possède que les clefs de sa voiture et pourtant derrière ce semblant de simplicité se cache l'être le plus complexe et le plus touchant. Car ce dernier, impuissant depuis 9 ans, ne parvient à trouver du plaisir qu'au travers des témoignages que lui livrent des femmes inconnues derrière sa caméra.

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17 jan.

Shakespeare in love...Retour sur les canons de la comédie romantique

La comédie romantique est généralement moderne. On y retrouve les héros dans un décor urbain (New York de préférence). Ils sont jeunes, dynamiques. Séparés d'abord par le temps ou l'espace qui jouent contre eux. Et puis, ils finissent par se retrouver après une lutte acharnée contre ces éléments extérieurs.C'est efficace car on s'y retrouve toujours un peu.
Pourtant, sans réunir aucun de ces ingrédients, Shakespeare in love est certainement la meilleure comédie romantique de ces 10 dernières années.
Londres, 1593. Shakespeare (joué par Joseph Fiennes) est un jeune poète plein de talent mais sans argent. Croulant sous les commandes prépayées qu'il ne parvient pas à respecter, le dramaturge est à court d'inspiration. Il cherche vainement une muse. Lady Viola (jouée par Gwyneth Paltrow, oscarisée pour ce rôle), elle, est profondément touchée par la poésie du jeune Shakespeare qu'elle admire. Elle rêve secrètement de jouer sur scène. Déguisée en jeune homme, elle profite des répétitions de la nouvelle pièce de ce dernier (qu'il n'a pas encore écrite, faute d'inspiration) pour assouvir sa passion.

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10 dec.

Interiors (Intérieurs) pour redécouvrir Woddy Allen

A quand remonte le moment exact où Woddy Allen s'est perdu ou en tout cas a perdu sa verve et son talent incomparables pour nous parler de l'être humain? Avec Meurtre Mystérieux à Manhattan (1993)? Maudite Aphrodite (1995) ou encore Tout le monde dit I love You (1996)?


Certes, on ne peut dénigrer ce grand réalisateur pour la seule raison que ses propos n'ont plus aucune profondeur et qu'il a mis fin à ses névroses en mettant fin à son analyse.

La comédie est un genre comme un autre, qui a sa place. D'ailleurs lorsqu'il en "produit" une (car à son stade, on doit parler de "production" et non plus de réalisation), il le fait bien. Le film est plutôt drôle, charmant et bien ficelé (cf le dernier: Scoop 2006).

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20 nov.

"Comment se faire larguer en 10 leçons" - une comédie romantique bien huilée

Date de sortie : Juin 2003
Réalisé par Donald Petrie
Avec Kate Hudson, Matthew McConaughey
Film américain.
Durée : 1h 50min.
Titre original : How to Lose a Guy in 10 Days
L'histoire en deux mots
Andie Anderson (Kate Hudson) est une belle journaliste qui aspire à faire autre chose que les articles qu'elle écrit pour un magazine féminin. Sa rubrique tourne autour des hommes et de la vie en couple. Un jour, elle se voit charger par sa rédactrice en chef de faire un compte rendu sur tout ce qui peut faire échouer une relation amoureuse (how-to). Elle doit faire en sorte qu'un homme la largue en moins de 10 jours.
Benjamin Barry (Matthew McConaughey) est un publicitaire playboy qui veut, lui aussi, faire avancer sa carrière professionnel. Le projet de promotion d'un fabriquant de diamant est donc celui qu'il doit gagner. Afin de décrocher le contrat, il parie avec son patron qu'il pourra faire en sorte que n'importe qu'elle femme tombe amoureuse de lui et le reste pendant 10 jours.
Heureux hasard, la belle Andie choisit comme sujet le beau Benjamin et vice-versa ...

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07 nov.

"The Kid", premier long métrage de Chaplin

Réalisation, Scénario, Production : Charlie Chaplin
Musique : Charlie Chaplin, Tchaïkovski
Durée : 50 minutes
Date de sortie : 1921
Avec: Charlie Chaplin (le vitrier), Jackie Coogan (l'enfant), Edna Purviance (mère de l'enfant)
La phrase d'introduction résume à elle seule The Kid: Un film avec un sourire, et peut-être aussi une larme.

Le sourire pour Charlot, la larme pour Charlie Chaplin.

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01 nov.

The legend of the Lone Ranger

 En 1981, j'ai eu la chance de voir un Ovni lors du festival du film américain à Deauville : "The Legend of the Lone Ranger" .
Ce film aurait mérité d'être le nouveau Rocky Horror Picture Show !
Durant les premiers 3/4 d'heure, on y voit tous les poncifs du western : paysages, massacres par les méchants, gentils indiens ...

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22 oct.

"Le Ballon Rouge", empreint de nostalgie

Réalisé par Albert Lamorisse
Avec Pascal Lamorisse, Renaud Séchan, David Séchan
Film français.
Genre : Aventure
Durée : 34min.
Année de production : 1956
L'histoire
Pascal, un enfant vivant à Paris, trouve un jour sur son chemin un ballon rouge accroché à un réverbère et le détache. Commence alors une histoire d'amitié entre lui et ce ballon qui le suit partout aussi docilement qu'un chien. Très vite les autres enfants le jalousent, le poursuivent et se mettent en tête de crever son ballon. La scène où ils y arrivent est terrible, on souffre pour ce petit bonhomme qui perd son ami. Revolté par la mort de l'un des leurs, tous les ballons Parisiens viennent vers Pascal qui les saisit et s'envole au dessus de Paris.

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19 oct.

When Harry met Sally ou le début de la nouvelle ère romantique au cinéma

Réalisé par Rob Reiner
Avec Billy Crystal, Meg Ryan, Carrie Fisher
Film américain.
Genre : Comédie, Romance
Durée : 1h 36min.
Année de production : 1989
Les comédies romantiques ont proliféré depuis 1989 date de sortie de ce film absolument novateur: When Harry met Sally de Rob Reiner
Elles sont inégales: certaines sont assez réussies parce qu'associant l'humour au romantisme avec un bon dosage (et je ne citerai que les plus récentes: You've got mail, Two weeks notice, How to lose a guy in ten days, Keeping faith - Au nom d'Anna en français- , A lot like love - 7 ans de réflexion en français, Bridget Jones's diary, Someone like you- attraction animale en français-). D'autres sont en revanche complètement ratées (the break-up, Rumor as it, Failure to Launch, Just married, Runaway bride, Pretty woman -sans contestation dans la mauvaise catégorie).

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12 oct.

Citizen Kane


Citizen Kane est un film majeur, et ce à plus d'un titre .
Tout d'abord c'est le premier film d'Orson Welles - et peut-être le meilleur .
Sa construction en flash back initiés par des personnages racontant leur version des mêmes évènements, sans linéarité particulière, a fait preuve d'une originalité dont beaucoup se sont inspiré (Laura en 1944 - Eve en 1950 - La comtesse aux pieds nus en 1954) .
L'analyse du caractère de Charles Foster Kane est d'une finesse psychologique qui évite tout manichéisme, toute morale conventionnelle .
Et surtout, ce film surprend par sa fin, relativisant tout le matérialisme, toutes les définitions habituelles de la réussite .
Et à postériori, on se prend à imaginer que Citizen Kane fut pour Orson Welles un film prémonitoire, relatant ses propres succès et déchéance à venir ; on ne peut que se demander : "quel fut son Rosebud ?" .
Etait-ce ce fameux premier film, était-ce le plaisir de le réaliser, plaisir après lequel il a peut-être couru toute sa vie ?


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