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l'avis de Julie |
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On se rappelle encore aujourd'hui du scandale provoqué par la sortie de ce film quand
Marianne Denicourt, ex-amie du réalisateur, accusait ce dernier d'avoir puisé son inspiration de faits réels et douloureux qu'elle avait personnellement vécus et d'avoir ainsi violé son intimité, sa vie privée. Depuis lors, d'ailleurs, elle a été déboutée par la justice. On ne s'attachera pas à analyser ici le procédé auquel a (peut-être) eu recours
Arnaud Desplechin pour nous raconter la vie de Nora (interprétée par
Emmanuelle Devos). Ce procédé n'enlève rien, n'apporte rien à l'intérêt suscité par ce curieux film d'une durée de 2 heures 30.
Cette exceptionnelle durée s'explique par le propos même du film: celui de raconter une tranche de vie, un moment clé dans l'existence d'une femme (Nora), à la veille de son mariage, alors que tout paraît lui sourire. Cette dernière est d'abord présentée, d'une manière légère (Moon River en fond sonore), comme une mangeuse d'hommes. C'est la Reine. Elle nous parle de tous ces hommes: le premier, mort accidentellement, dix ans auparavant, alors qu'elle était enceinte de leur enfant, Elyas, son deuxième homme. Elle nous évoque très vite l'existence du troisième, Ismaël (joué par l'extraordinaire
Mathieu Almaric)et, pour finir, celle du quatrième, Jean-Jacques, qu'elle est sur le point d'épouser. Mais en réalité l'homme de sa vie, celui qui met fin à cette ascension, à ce couronnement, c'est son père, dont elle vient d'apprendre qu'il va mourir d'un cancer généralisé. Elle décide de l'accompagner jusqu'à cette fin de parcours. Et à cette occasion, elle se rappelle chacune des étapes de sa vie, chacun des hommes qu'elle a miné, utilisé, usé, étouffé. Car Nora est un peu comme une menthe religieuse. Attirante mais mortelle.
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