A l'origine, il y a une tempête de neige et un accident de voiture. Le couple amoureux qui était en train de s'embrasser tendrement en est victime. Un drame en demi teinte fait donc débuter cette étrange histoire d'amour. Paige se réveille de son coma, amnésique. Elle recouvre qu'une partie limitée de sa mémoire et se retrouve propulsée quelques 6 ans plus tôt, à une époque où elle vivait encore chez ses parents, où elle n'était pas rebelle, où elle était fiancée à Kyle, un jeune homme propre sur lui, gentil et où elle ressemblait à une WASP de Chicago. Mais l'eau avait coulé sous le pont de ces 6 années. Entre-temps, Paige s'était mariée à Léo. Ils s'aimaient tendrement, elle avait coupé les ponts qui la reliaient au monde aseptisé, aux études de droit. Elle avait opté pour l'art, la sculpture, l'amour bohème, une vie sans famille traditionnelle ni obligations sociales. Mais en se réveillant, Paige a oublié Léo, leur amour, l'art, refuse de retrouver sa vie d'avant l'accident et lui préfère celle qui la précédait. Léo part donc à la reconquête de sa dulcinée.
Rachel McAdams retrouve dans le rôle de Paige les habits de la rebelle, de l'amoureuse profonde. Autrement dit, l'actrice est l'antithèse de l'amoureuse légère et sans saveur si spécifique à la plupart des comédies romantiques américaines. Sans être un canon de beauté, elle a du charme. La dose suffisante pour être accessible et craquante. On l'avait déjà vue ainsi dans le magnifique The Notebook (Affreusement titré en français "N'oublie jamais". Titre si insipide que je l'oublie TOUJOURS!). The Vow est moins réussi, nettement moins touchant aussi. Et si les deux films traitent l'un et l'autre de la perte de mémoire de l'amoureuse (incarnée à chaque fois par Rachel McAdams) , la portée dramatique du premier le rend plus profond, indélébile. Il y aussi dans l'un un amoureux génial interprété par un acteur hors pair, Ryan Gosling. Et dans l'autre un amoureux beaucoup moins attachant, beaucoup moins réaliste, interprété par un acteur beaucoup moins bon, il faut bien le dire: Channing Tatum. Sans être mauvais dans son rôle de mari éconduit par l'amnésie de sa femme, il lui manque le charisme et le charme nécessaires pour qu'il soit à la hauteur de sa partenaire.
Quant au propos du film, si on peut le trouver trop calibré, il reste intéressant.Le cheminement emprunté au fur et à mesure de la vie par tout un chacun n'est pas le résultat du hasard. L'on se construit par petites touches, l'on est la somme d'évènements qui jalonnent notre vie. Le retour dans le passé de Paige va la confronter à ses choix futurs. Le décalage entre ce qu'elle a été et ce qu'elle est devenue, avec elle comme spectatrice d'un tel décalage est bien mené et plutôt subtil.
Mais souvent le film manque de finesse. Et c'est dommage. Des clichés se succèdent (l'on ne sait donc pas aimer lorsqu'on est "conventionnels" et trop rangés), des dialogues téléphonés aussi. La ville de Boston ne se ressemble pas et a plutôt des allures d'anciens décors d'Ally Mc Beal (Je ne savais pas qu'on les recyclait...).
Vous l'aurez compris, Chers lecteurs, mon avis est un peu contrasté. The Vow oscille entre un joli film de lover atypique et un produit prêt à consommer qu'on oublie une fois ingurgité. Il ne figurera pas dans mon panthéon des films à l'eau de rose (dans lequel figure The Notebook, notamment) mais ne se rangera quand même pas au dernier rang aux côtés des récents stupides Sex friends, Sex List et autres Sexe entre amis.
Mini-fiche de The Vow - je te promets