We bought a zoo n'est pas seulement pétri de bon sentiments inutiles et niais, il est plat, plat, plat...A priori l'histoire n'était pas rebutante. Du moins pas tant que cela. Benjamin Mee, journaliste, dont la femme vient de mourir en laissant deux jeunes enfants, décide, un peu sur un coup de tête, d'acheter une belle propriété loin de la ville et de la demeure qu'il occupait jusqu'alors. La particularité de l'immense propriété est qu'elle est peuplée d'animaux. Benjamin ne se démonte pas. Après tout en achetant un zoo en panne avec les dettes qu'il encourt et un personnel en mal de gérant charismatique, le jeune veuf relève un nouveau défi pour mieux oublier le deuil qui l'afflige. Benjamin Mee s'aperçoit bien vite que la tâche est rude. Mais même un mammouth ne pourrait l'ébranler...Il faut donc bien plus au jeune père qu'un tigre malade, que des serpents qui se baladent partout, qu'un fils pénible et rebelle, qu'un chef de l'inspection des zoos pointilleux, que des dettes abyssales, qu'une profonde solitude pour l'arrêter.
Voilà, amis lecteurs, je vous ai tout dit. Car le nouveau film de Cameron Crowe n'évoque rien d'autre que la volonté de ce père courage qui abattrait des montagnes pour ne pas retourner à son ancienne vie et pour relever un défi. Au delà de cette histoire qui mieux traitée aurait pu être touchante, il n'y a aucun enjeu. L'on se moque de la relation père fils, l'on se moque de l'issue du défi, l'on se moque de la pseudo histoire d'amour larvée entre Benjamin et Kelly Foster (la jeune chef de file du personnel), l'on se moque de savoir si le zoo parviendra à être aux normes avant l'été pour pouvoir accueillir à nouveau les visiteurs. Plat, vous ai-je déjà dit. Niais vous ai-je déjà dit aussi. Et puis, une question me taraude l'esprit. Quelle mouche a bien pu piquer Matt Damon (qui n'est pas la moitié d'un acteur) pour accepter un tel projet? Il n'est bien sûr pas mauvais dans son rôle de père courage. Mais il est aussi peu intéressant que ce film-galère dans lequel il s'est embarqué. Que dire de Scarlett Johansson qui d'ordinaire belle comme un coeur parvient à être presque vilaine. Certains diront que le réalisateur a osé montrer la jeune femme sans fard ni manière et qu'il est donc audacieux. Moi, personnellement, je dirais que c'est un tour de force de parvenir à enlaidir l'une des actrices les plus sexy de sa génération.
Rares sont les films qui suscitent l'ennui chez moi. Je suis "bonne spectatrice" d'ordinaire. Mais là c'est l'encéphalogramme plat. Même la BO concoctée par le réalisateur n'est pour un fois pas notable (j'ai cru déceler du Neil Young en boucle mais je n'en suis même plus sûre). Qu'ajouter à tout cela? Pas grand chose à part beaucoup de déception. Je crains que Cameron Crowe ait définitivement perdu sa magic touch et que sa traversée du désert s'éternise.
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