Si je vous parle d’une radio baladeuse en quête d’audience, vous pensez à quoi ? Au récent Good Morning England ? Surestimé, ce film anglais glamour à la BO de feu ne livrait pas grand-chose de son auteur. C’était bien un « feel good movie » mais à force d’enchaîner les tubes des années 1960 les uns après les autres, l’histoire de cette bande d’animateurs radio brimés était noyée sous le faste d’un délire musical. Radiostars, dans le genre radio road movie, a bien plus d'âme que le film anglais.
La radio baladeuse de Radiostars restera la seule qui dans ma mémoire cinématographique m’aura fait hurler de rire et sourire. Sans faste ni manière, le premier film de Romain Lévy est une succession de dialogues osés et drôles, de situations cocasses, parfois simples et tendres. Sans se prendre une seule fois au sérieux, le réalisateur nous raconte l’histoire d’une équipe d’animateurs radio en manque d’humilité qui part, un été entier, sur les routes de France, retrouver son audience.
A force de succès, l’équipe du Breakfast-club sur Blast FM est blasée et ne donne plus d’elle-même. Comme une sanction, le directeur de la radio les condamne à animer chaque matin le Breafast-blub, dans une nouvelle petite ville française. Le fil rouge, Ben, dont l’histoire personnelle fait débuter doucement le film est finalement assez anecdotique. Parce qu’il n’a pas trouvé le succès à New York, le jeune homme rentre à Paris sans travail et le cœur brisé. Il est rapidement embauché par Arnold (Clovis Cornillac campe magnifiquement une star de radio autoritaire et caustique), la morning star du breakfast club. Le cœur de l’intrigue c’est avant tout et surtout cette équipe d’animateurs atypique, hétéroclite, composée de personnages « haut en couleur ». Autour d’Arnold, il y a Alex (Manu Payet est tout simplement formidable de générosité), Cyril (Pascal Demolon que je ne connaissais pas est le personnage qui insuffle sa grande tendresse à la fine équipe), Smiters (extraordinaire Benjamin Lavernhe) et Jérémie (l’homme à tout faire bègue et potomane). Dresser la tente de la morning émission tôt le matin sur la place centrale de la ville étape peu à peu devient un rituel formidable, l’occasion de rencontres avec les autres. Des amitiés se nouent, une éducation sexuelle se fait, un comique timide prend sa place, et des vannes sifflent, de moins en moins perfides… Bref le tour de France du Breakfast club en autocar prend des allures de Magical mystery tour pour le spectateur qui savoure cette odyssée de sa première à sa dernière minute. Si je continuais à écrire, je risquerais de déflorer, non pas l’intrigue, mais la multitude de gags dont le scénariste-réalisateur a parsemé son film comme une poudre magique.
Avec sa foule de petits détails drôles, intimes, et donc touchants, avec ses dialogues qui claquent et laissent le spectateur sans répit de rire Radiostars est un film à la fois personnel et sans prétention, un feel good movie qui fait du bien. J'ai lu que le cinéma français connaissait un renouveau grâce à ses comédies. Le film de Romain Levy, sans aucun doute, participe à ce renouveau.
Mini-fiche de Radiostars