Ces belles blondes dévergondées complètement étrangères à notre culture française du lycée. Autoritaire, belle, méchante, snobe, odieuse, narcissique. Mavis avait les plus beaux garçons à ses pieds, sortait avec le capitaine de l'équipe de foot du lycée. Après les études, elle est partie vivre à Minneapolis. La petite pomme. La petite soeur de New York. Elle a quitté sa petite banlieue en y laissant son ex petit ami. Vingt ans sont passés. Mavis a 37 ans, en paraît 27, vit comme si elle en avait 27. Elle est célibataire, habillée en sweat Hello Kitty, passe sa vie chez la manucure, ne pense qu'à elle, n'aime qu'elle. Le jour où elle reçoit le faire-part de naissance de la petite fille de son ex du lycée, Mavis se fixe un nouveau challenge. Celui de récupérer son ex, le beau Buddy Slade (Patrick Wilson, le beau gosse de service du cinéma américain). Personne ne peut lui résister et certainement pas Buddy. Elle quitte Minneapolis du jour au lendemain et retourne dans sa petite banlieue. La manoeuvre ne devrait pas prendre trop de temps, est-elle persuadée. Et pourtant, quand elle arrive dans la ville de ses premières heures de gloire, la seule personne qu'elle parvient à toucher (dans le sens propre et figuré du terme), ce n'est pas Buddy mais Matt Freehauf (Patton Oswalt), le nerd du lycée, l'exclu, celui qu'on pointait du doigt en le traitant de gay.
Le film commence avec légèreté. Mais bien vite, le pathos prend le dessus. Charlize Theron en ex prom queen narcissique est si pathétique qu'elle en devient angoissante. Sa folie, grandissante, pointe vite à l'horizon. Elle n'est jamais bien loin de sombrer du côté obscur de la folie, celui des gestes irrémédiables. La grande force du film est de rester sur le fil, incertain. Charlize Theron livre ici une interprétation remarquable de cette jeune femme qui ne vieillit pas, qui reste ancrée à son image d'icone adulée du lycée. Elle crée à elle seule une sorte de troisième catégorie de trentenaires à l'aube de la quarantaine. A force de trop s'aimer, Narcisse est tombé dans l'eau et s'est noyé.
S'il commence donc comme une comédie déjantée, Young adult perd vite son ressort comique. Il ne manque pas de surprendre, d'angoisser. Mais malheureusement, il pèche par lenteur et ennui. C'est certainement dû à un personnage exécrable et franchement sans saveur. Le cinéma en a déjà connu d'autres. Un héros détestable peut néanmoins susciter de l'attachement, si ce n'est de l'intérêt. Le problème ici est que Mavis Gary ne déclenche aucune empathie chez le spectateur. Son narcissisme confine à la platitude et à la bêtise. Mavis est pathétique sans être intéressante. Il y a bien un moment où, entre une ultime séance de manucure et une ultime beuverie, je me suis mise à bailler. En définitive, les instants les plus forts du film seront ceux où Mavis Gary n'est pas loin de franchir le cap de l'irrémédiable et où Matt (l'exclu du lycée, le seul qui s'attache à elle) apprend à la comprendre pour mieux s'approcher d'elle. L'heure de gloire du premier sera l'heure de la déchéance pour la seconde.

Mini-fiche de Young Adult