Les films d'espionnage ont, aujourd'hui, des allures de volcans en feu. Pendant deux heures, l'espion fait le tour du monde, en utilisant tous les moyens de transport possibles. Avec n'importe quoi, il faut sauter un immeuble de 300 mètres de haut. Ou bien il l'escalade. Il y a le style James Bond (que je déteste) ou le style Eytan Hunt (que j'adore). Dans Mission Impossible, Protocole fantôme, le spectateur sortait d'un film de deux heures en ayant l'impression d'avoir traversé le monde en sautant main dans la main avec un Tom Cruise plein d'énergie et d'humour. Le succès était mérité. Le film a remis à l'honneur le film d'espionnage dans sa version action. La Taupe remet lui aussi à l'honneur le film d'espionnage mais cette fois dans sa version psychologique. On quitte le Kremlin en feu ou l'immeuble ensablé de Dubaï pour rejoindre Londres dans les années 1970. Georges Smiley (Gary Oldman est mon préféré pour les oscars 2012, sans aucune contestation), personnage clé des romans de John Le Carré, est le bras droit du président du Circus (MI6), Control (merveilleux John Hurt). Après une mission ratée qu'il a organisée à Budapest pour tenter d'obtenir le nom d'une taupe, Control est mis à la retraite.

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