Le jour de son accession au trône, alors qu'il est sur le point de recevoir le sacrement, Thor est banni du royaume par son père. Son tempérament de feu, son âme de guerrier ne conviennent pas au rang du roi qu'il doit être. Le temps d'un éclair de feu, le voilà propulsé sur terre, en plein milieux du désert du Nouveau-Mexique. Il tombe, au sens propre, sur un groupe de scientifiques fascinés par la carte des tonnerres. Arrivé sur terre, Thor est privé de son marteau magique et avec lui de tous ses pouvoirs divins. Lui restent sa belle chevelure, ses ENORMES muscles et son ton décalé pour tenter de convaincre les scientifiques de ses origines. Là- haut, son frère Loki, extrêmement jaloux de lui, tente d'accéder au trône. Son père Odin est mal en point, dans une sorte de coma lunaire et cotonneux. Il en profite pour organiser une sorte de putsch. En bas, les services secrets américains sont fascinés par le marteau tombé, lui aussi, du ciel et que personne ni aucun engin ne parviennent à ôter du sol.
La rencontre des dieux vikings et des locaux est l'occasion de situations cocasses et plutôt sympathiques. Le grand atout du film est la dérision et la légèreté dont fait preuve le réalisateur pour présenter des héros immenses, forts et ultra kitch. On pourrait croire un court instant que le ridicule va tuer sur place Odin, Thor, Lokin, le gardien aux yeux jaunes (dont j'avoue ne pas avoir retenu le nom). La première apparition du grand Antony Hopkins fait presque peur. Non, me suis-je dit quelques secondes, Hannibel Lecter ne peut, très sérieusement, être coiffé d'un casque viking et avoir des allures de Moshe Dayan. Et en réalité, parce que le ton n'est ni grave ni cabotin, on plane tout le long dans une sorte d'entre-deux. Le réalisateur a évité les travers de Iron Man 2 dont la bêtise faisait honte. Thor (Chris Hemsworth) qui ferait rougir Arnold Schwarzeneger dans ses meilleurs jours est même plutôt attachant en dieu arrogant qui apprend à devenir humble et vertueux sur terre. Ma préférence va non pas à la belle oscarisée (Natalie Portman) qui est assez potiche. Mais à sa jeune compagne, Kate Dennings, vue l'année dernière dans le craquant Nick and Nora Infinite playlist aux côtés de Michael Cera.
Le grand point faible de l'intrigue reste l'histoire d'amour entre Thor et Jane. Leur flamme tombe comme un cheveu dans la soupe. Leur pseudo connivence naissant à l'occasion d'une virée dans le désert ne fait pas un seul instant illusion. Quand on la voit d'un coup fondre pour Thor au moment où ce dernier, bien mal en point, est sur le point d'aller rejoindre définitivement la mythologie nordique, on ressent la faiblesse du scénario. Pour le reste, la jalousie du jeune frère traître, la lutte avec les géants de glace, l'apprentissage de l'humilité sont plutôt bien menés.
En définitive, hormis l'amourette, l'immense déception de Thor restera sa version 3D, arnaque au spectateur. Vous l'aurez compris, pour ceux qui ne l'ont pas vu, contentez vous de la 2D.

Mini-fiche du film: