Fighter est donc avant tout une histoire de famille. L'histoire de deux frères. Une histoire de compétition. Le jour où le cadet s'affranchit de l'emprise de sa mère et de son frère, il parvient enfin à mener un vrai combat. Mais le propos est loin d'être manichéen. Car on voit bien que ce combat est livré en grande partie grâce au frère déchu. On se demande même si ce combat n'est pas aussi un hommage à ce frère.
Dicky, en retrait, est la personnalité la plus complexe. Mark Walhberg dans ce rôle est juste, mesuré. On l'entend moins que Christian Bale, que Melissa Leo, que Amy Addams, que les 7 soeurs réunies. Il n'a pas, comme on dit, un rôle de composition. Sans cri, sans hystérie, il existe pourtant plus que jamais. Il montre à la perfection son dilemme intérieur: son amour pour sa famille, le respect incommensurable pour son frère, sa volonté de gagner, son amour pour Charlene. Pétri d'humilité, il est touchant, vêtu de sa chemisette. On aimerait tant de fois l'arracher de la bande familiale. On ne comprend pas ses réticences. Mais en réalité Micky-Mark est un volcan qui n'a pas besoin d'exploser pour être majestueux. Alors bien sûr, ce n'est pas lui qu'on a couronné d'un Oscar. Ce n'est pas lui qui a perdu 20 kilos. Mais il est à la mesure de Dicky campé par le génial Christian Bale.
Rarement un film aura réuni autant d'acteurs exceptionnels. Même les rôles très secondaires sont justes, humains. Je pense au père, au nouvel entraîneur campé par un flic en fin de carrière, aux 7 soeurs. Fighter est présenté comme un drame. Pour moi, au contraire, c'est un film plein d'espoir et profondément optimiste.

Mini-fiche du film: