Pour ceux qui ont raté le train (toutefois, je me demande comment ils ont pu passer à côté du Phénomène T), un petit rappel s'impose : "dans les épisodes précédents", Bella est partie vivre chez son père à Forks, petite bourgade paumée, au fin fond de l'Etat de Washington où il pleut et où il fait gris. Premier jour à la High School locale, c'est le coup de foudre pour un bellâtre à l'air étrange. Ce dernier, Edward Cullen, s'avère être un vampire. Peu importe, Bella et Edward ont décidé, contre vents et marées, malgré les loups garous, les autres vampires pas contents, leur différence d'âge, de s'aimer pour toujours. Les problèmes profilent déjà à l'horizon à la fin du 1er opus: Bella est mortelle, veut devenir vampire, Edward refuse, Jacob est fortement attiré par Bella qui n'a d'yeux que pour Edward....
Là commence, l'épisode 2: Tentation. Que les tentations peuvent être grandes quand on a 18 ans, que l'on est pleins d'hormones prêtes à exploser mais qu'on ne peut pas passer à l'acte.... Mais ici, moins des tentations, il s'agit de la tentation de Bella pour Jacob. Ce retournement de situation commence le soir de l'anniversaire de Bella, organisé chez les Cullen, la famille recomposée d'Edward, toute pleine de vampires. Jasper, "le frère" d'Edward est prêt à foncer sur la jeune mortelle qui vient, en tirant le ruban d'un de ses papiers cadeaux, de se couper et de perdre une goutte de sang. S'en est trop pour l'amoureux qui décide de rompre les liens définitivement plutôt que de mettre sa bella en danger. Abandonnée à son triste sort, Bella sombre dans la dépression. Quand elle réalise un soir que, lorsqu'elle est en danger, elle peut voir la silhouette d'Edward devant elle (une hallucination en quelque sorte), elle décide de se mettre, coûte que coûte, en danger. Elle récupère donc deux motos à bricoler qu'elle décide de confier à Jacob, son ami de toujours. Seulement les intentions de ce dernier ne sont pas du tout amicales. Surtout, face au désespoir de Bella, au trou béant laissé par Edward en l'abandonnant, Jacob est le seul capable de combler ce néant abyssal. La messe n'est pas dite...Malgré la tentation Bella reste fidèle à la pensée, à la silhouette d'Edward.
Je vous entends déjà rire, Chers lecteurs....Je vous vois même sourire, vous moquer de moi, des jeunes fans, de cette histoire qui sait si bien combiner Buffy aux drames d'Arlequin. Et, vous avez raison. Mais il y a pire encore que tout cela!!! Le film est bien en deçà du niveau du 1er opus. Fascination avait pour lui, les attraits de la nouveauté, d'une histoire d'amour à son paroxysme (le début de l'histoire, en fait). J'étais tombée, comme toutes ses midinettes de 12 ans, sous le charme irrésistible d'Edward (Robert Pattinsonnnnnnnnnn) beau comme un dieu, fragile et fort à la fois, plein de délicatesse, d'attention. Il faut le concéder, la réalisatrice Catherine Hardwick avait pour elle les atouts du premier tome envoûtant avec cette histoire improbable, cette passion sans limite. Elle avait su faire plus....insuffler une énergie incroyable aux personnages et faire preuve d'initiative en se détachant, à bon escient, du roman parfois un peu long et naïf. La photo était belle, la musique envoûtante, la lumière pale, presque glauque. On avait envie d'y croire, d'y plonger, d'être la bella d'Edward....
Le deuxième tome, certes moins bon, aurait pu, j'en suis SÛRE, être mieux porté à l'écran, s'inspirer de tous les bons éléments mis en place dans le premier film. Au lieu de cela, voilà un film sans envergure, un copier-coller du roman, les images en plus. Point d'imagination, point de fantaisie, le réalisateur Chris Weitz est un moine copiste, un mauvais moine copiste. Les Cullen sont devenus une bande d'affreux aux yeux jaunes globuleux. Leur pâleur, hier subtile, combine aujourd'hui le look vicomte de la fin du 18ème siècle à celui de bozo le clown. Edward en mime Marceau, ne fait plus du tout fantasmer (c'était pourtant très difficile de rendre Robert Pattinson presque moche). Il reste Bella, égale à elle-même, une petite mine dépressive mais jolie. Crédible dans son rôle d'amoureuse éconduite, meurtrie. Et puis, il faut bien l'avouer, la frustration suscitée par la rupture et l'absence d'Edward rend les 2-3 scènes de baisers dignes d'un des meilleurs épisodes d'Emmanuelle. Et puis, il y a le père de Bella qui est certainement le personnage le plus crédible. Il y a Victoria dont il faut bien dire que les apparitions sont magiques et belles. Les petits copains de la High Scool sont délaissés. Jessica dans son rôle de teen ager reste parfaite. Mais il y a, et là j'entends encore les cris de furies des adolescentes qui m'entouraient dans la salle de cinéma, mercredi soir dernier, Jacob, le nouveau prétendant de Bella. Gonflé aux stéroïdes, évidemment pour les besoins du film, est trop ridicule pour [me] faire rêver. Mais peut-être est-ce par ce que je ne suis pas la cible...
Voilà, après avoir fait mon coming out, vous avoir dit combien j'avais été twilightée, je vous avoue avoir été déçue par le 2ème volet. Je n'y ai pas retrouvé l'atmosphère qui m'avait tant plu dans Fascination. D'ailleurs, les seuls moments oniriques du film ont été honteusement, purement, simplement repris du 1er épisode. Je reste pourtant persuadée que j'irai courir voir le 3ème épisode, Hésitation, en juin prochain. Pire encore, je suis persuadée que j'achèterai le DVD le jour même de sa sortie, et que je reverrai encore et encore Tentation. Twilight, c'est mon péché mignon....