Le pitch, lui aussi, était plutôt prometteur: Sandra Bullock, patronne sans âme ni coeur, qui sème la terreur au sein de la maison d'édition qu'elle dirige d'un bras de fer, est sur le point de se faire expulser des Etats-Unis son visa étant expiré. Elle impose donc à son jeune assistant, interprété par Ryan Reynolds,de se marier avec elle le temps d'obtenir ses papiers. Comme rien ni personne ne semblent lui résister (on ne comprend pas vraiment pourquoi), ce dernier accepte sous réserve d'obtenir à son tour une promotion. Le deal est scellé. Le jeune faux couple part annoncer les fiançailles à la famille de l'assistant qui vit quelque part sur une île perdue en Alaska.
Seulement voilà, Sandra Bullock ne semble pas savoir ou pouvoir jouer les méchantes prédatrices. Dix minutes à peine après s'être faite traiter de sorcière par tout le staff de la maison d'édition, on la retrouve en Alaska, les escarpins Gucci s'enfonçant dans la boue, le sac Vuitton roulant dans l'herbe fraîche, devenue snob, ça on l'aura compris, mais sans plus aucune once de méchanceté...Les gags qui se succèdent de manière poussive tombent tous comme un soufflé. Les situations cocasses mal étudiées frisent le ridicule: des incantations indiennes de la grand-mère de Ryan Reynolds dans la forêt, au streap teaser dans une boîte de nuit paumée, en passant par le petit chien agoraphobe qui se fait kidnapper par un aigle, tout fonctionne pour provoquer une certaine gêne (voir de la pitié) chez le spectateur.
Quant à la romance, elle est dénuée de tout réalisme. On ne comprend pas bien à quel moment les deux font la paire, ni ce qui les fait tomber dans les bras l'un de l'autre hormis un pauvre qui pro quo tout aussi ridicule (je ne vous en dit pas plus pour ne pas dévoiler le secret). La différence d'âge des deux personnages ôte définitivement toute crédibilité à ce couple de circonstance.
Avec un scénario paresseux, des dialogues plats comme une lagune et une post production à faire rougir Ed Wood dans les années 50 (je pense aux paysages d'Alaska rajoutés....), La proposition n'a de la comédie romantique que l'appellation que lui ont donnée les producteurs et les journalistes....