UN VOYAGE et DEPARTURES
Par dbuk1000, vendredi 26 juin 2009 :: Critiques :: #821 :: rss
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l'avis de dbuk1000 |
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Je suis allé au cinéma et ce fut un merveilleux dépaysement sans retard dans les "vols", sans contrôle tatillons pour la sécurité du spectateur, sans vaccins et sans supplément.
J'ai commencé mon voyage en Israel avec le très beau film JAFFA sur le difficile amour entre une Juive et un Palestinien. Je l'ai continué dans la Pologne de 1940 avec KATYN sur l'assassinat par les Soviétiques de milliers d'officiers polonais pris au piège du pacte entre l'Allemagne nazie et l'Union soviétique de Stalinie. Un petit détour en Argentine pour accompagner un vieil homme dans ces derniers instants avec la FENETRE, ouverte sur les grands espaces de la Patagonie et de ses souvenirs. Une récréation légère et drôle à Paris avec TELLEMENT PROCHES. Enfin une longue et troublante étape au Japon avec DEPARTURES. Ce fut un voyage magique parmi des pays aux cultures si différentes mais où les hommes sont si semblables.
Lecteur , je vais exciter ta curiosité en te comptant un chef d'oeuvre peu connu du grand public, DEPARTURES qui a obtenu l'Oscar du meilleur film étranger. Film dérangeant car morbide et notre société, qui glorifie la jeunesse, n'est pas vraiment prête à côtoyer la mort bien que les films regorgent de tueries à grand spectacle.

En lever de rideau la musique éclatante de l'Hymne à la Joie qui progressivement va s'éteindre pour faire place à la complainte mélancolique d'un violoncelle solo.
Lentement nous pénétrons avec délicatesse et beaucoup de pudeur dans le rituel funéraire nippon de la courte période entre la mort physique et l'élimination du corps du défunt.
Au début, à Tokyo, un jeune violoncelliste Daigo perd ses illusions artistiques quand son orchestre symphonique est dissous car il n'attire pas assez de spectateurs. Daigo retourne alors vivre avec sa jeune épouse dans sa petite ville natale, Yamagata dans une province rurale du nord du Japon,là où sa mère décédée lui a léguée une petite maison chargée des souvenirs de son enfance.
Daigo répond à l'offre d'emploi d'une agence de voyage et immédiatement il décroche le poste fort bien rémunéré. Il découvre que cette agence organise des voyages très spéciaux : aller simple pour l'au delà. Par nécessité financière, il accepte cet emploi impur dont il cache la réalité à sa jeune épouse.
L'entrepreneur vieillissant va devenir le maître de Daigo et lui enseigner les rites funéraires. Peu de mots , quelques longues complaintes de violoncelle, une caméra exigeante qui scrute les mains et gestes de Daigo, de son maître , leurs visages et ceux de la famille du défunt réunie pour assister à la cérémonie. Peu de mots. Daigo caresse délicatement les corps qu'il est chargé de préparer pour la crémation comme il caresse son instrument pendant que son regard s'attarde délicatement sur l'assistance quasiment envoûtée par ses gestes. Les proches du défunt sont les spectateurs acteurs d'une incroyable catharsis : « nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d'animaux les plus méprisés et des cadavres » (Aristote, Poétique, 1448b10)."
Une grande charge à la fois émotionnelle et poétique; un chef d'oeuvre pour ceux qui pourront surmonter leurs peurs.
Au début, à Tokyo, un jeune violoncelliste Daigo perd ses illusions artistiques quand son orchestre symphonique est dissous car il n'attire pas assez de spectateurs. Daigo retourne alors vivre avec sa jeune épouse dans sa petite ville natale, Yamagata dans une province rurale du nord du Japon,là où sa mère décédée lui a léguée une petite maison chargée des souvenirs de son enfance.
Daigo répond à l'offre d'emploi d'une agence de voyage et immédiatement il décroche le poste fort bien rémunéré. Il découvre que cette agence organise des voyages très spéciaux : aller simple pour l'au delà. Par nécessité financière, il accepte cet emploi impur dont il cache la réalité à sa jeune épouse.
L'entrepreneur vieillissant va devenir le maître de Daigo et lui enseigner les rites funéraires. Peu de mots , quelques longues complaintes de violoncelle, une caméra exigeante qui scrute les mains et gestes de Daigo, de son maître , leurs visages et ceux de la famille du défunt réunie pour assister à la cérémonie. Peu de mots. Daigo caresse délicatement les corps qu'il est chargé de préparer pour la crémation comme il caresse son instrument pendant que son regard s'attarde délicatement sur l'assistance quasiment envoûtée par ses gestes. Les proches du défunt sont les spectateurs acteurs d'une incroyable catharsis : « nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d'animaux les plus méprisés et des cadavres » (Aristote, Poétique, 1448b10)."
Une grande charge à la fois émotionnelle et poétique; un chef d'oeuvre pour ceux qui pourront surmonter leurs peurs.
















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