Et pourtant, la composition de Vincent Cassel éblouissante, grandiose aurait pu facilement séduire et faire tomber le spectateur sous le charme du personnage haut en couleur qu'il incarne. Habité par son rôle, Vincent Cassel redonne SIMPLEMENT vie à Jacques Mesrine. Il nous le montre tel qu'il a été. Le travail de recherche effectué par le réalisateur (et par la production certainement) est flagrant. En puisant sa source d'inspiration dans l'autobiographie de Mesrine et en ayant eu recours à l'aide des enfants de celui-ci, Jean-François Richet ne s'est pas simplement "documenté". Il a cherché à pénétrer le personnage au plus profond de lui-même. Le choix qu'il a porté sur Vincent Cassel pour interpréter ce rôle est à la hauteur de la performance de l'acteur: génial et brillant
L'instinct de mort, pour ne parler que de lui, est tout à la fois un thriller, un polar, une tourmente, un feu, un tourbillon, un drame psychologique, une histoire des années 60.
Au centre, il y a un homme, immuable. Et tout autour de lui des personnages délirants et sans concession qui gravitent à mesure des rencontres qui se succèdent. Il y a les retrouvailles avec l'ami d'enfance, interprété par Gilles Lelouch (qui confirme, une fois encore, son IMMENSE talent), sa rencontre avec le parrain local sans foi ni loi joué par un Gérard Depardieu tout aussi détestable que touchant, puis avec le québéquois aussi survolté que lui. Les femmes se succèdent, elles aussi. La prostituée, l'épouse espagnole, la maîtresse aux allures de Bonnie Parker incarnée par une méconnaissable Cécile de France.
Mesrine, électron libre, pourtant rarement seul, avance dans sa vie sans filet. La peur ne l'habite pas, ni les remords, ni les regrets non plus. Sa violence et sa folie ne confinent pas encore à la mégalomanie. On sent pourtant, tout au long du 1er volet, la tension qui l'habite augmenter progressivement. Le réalisateur nous montre sans concession ce personnage avec ses contradictions et sa soif de vivre n'importe quelle vie. L'audace, il ne l'a pas puisée dans son sujet ni dans une pseudo fascination portée à l'homme. Il ose comme d'autres très grands réalisateurs ont osé avant lui. Et, pour ne citer que quelques noms, on évoquera sans rougir Coppola et Scorsese. Merci donc à Jean-François Richet d'avoir osé se mesurer aux grands réalisateurs américains. Il était temps....