Entre les murs: dans la peau de François Begaudeau
Par Julie Buk, mercredi 8 octobre 2008 :: Critiques :: #623 :: rss
![]() |
l'avis de Julie |
|
Et, le temps de quelques lignes, pénétrons entre ces murs. Ceux de ce collège du 20ème arrondissement de Paris, ceux de cette classe de 4ème.
Entre les murs c’est l’histoire d’un combat. Celui d’un homme, un professeur de français. La trentaine bien entamée, François Marin (François Bégaudeau dans son propre rôle) enseigne entre ces murs. Armé de sa foi, il fait la classe. Du moins il tente. Car son auditoire n’est pas là pour l’écouter mais pour l’attaquer, à coup de mots, d’insultes. Ses élèves de 14 ans ne respectent rien, ni les bases de la langue française qu’il tente de leur enseigner ni le système scolaire. Ils sont là, campés devant lui, pleins d’arrogance et de mépris. Pourtant François mène son combat sans relâche. Lui plein de pugnacité et d’espoir. Parfois condescendant. Mais patient, convaincu. Laissant derrière lui les manières traditionnelles, il transmet à sa manière, avec des mots parfois un peu crus, avec une méthode bien à lui. Il a choisi de sortir du cadre conventionnel et de s’adapter à ses élèves. Tout en ne perdant pas de vue son objectif, la transmission du savoir, François a compris qu’il n’était pas un enseignant ordinaire mais un guerrier, un capitaine de vaisseau en péril.
La classe, comme un vase clos, est un terrain de lutte. Les scènes qui se déroulent entre les murs sont d’une intensité stupéfiante. Le spectateur n’assiste donc pas qu’à un simple cours de français mais au combat de François. Certains reprocheront ses méthodes trop inconventionnelles, d'autres son laxisme. Et pourtant, le film n'est pas une critique des méthodes de François ni davantage de celles de l'éducation nationale. Il ne critique pas non plus l'échec de l'immigration à la française. C'est plutôt l'heure des constats. Tous les collèges ne sont pas les mêmes, tous les élèves non plus. Ici, dans l'Est parisien, on a la haine de la France. On ne l'aime pas. Certains pourtant, avec des mots à eux, dénoncent cette haine. Ils en sont "honteux". D'autres veulent s'en sortir, à leur manière, en choisissant un vrai métier.
Les cours de François se succèdent, entre les murs. Les saisons passent à grande vitesse. Les trimestres s'enchaînent sans que François ne parvienne à insuffler l'amour du savoir. Ni la précision des mots qu'il choisit, ni la rigueur de sa pensée n'auront raison de cette jeunesse à fleur de peau. Le constat d'échec est presque tangible. On pourrait croire qu'une connivence s'instaure progressivement entre le professeur et ses élèves. Il n'en est rien.
Alors que le livre manquait, selon moi, de relief (la faute peut-être à une écriture un peu décousue), le film est porté par la tension qui habite François Bégaudeau.En incarnant son propre rôle à l'écran (car François Marin c'est lui), l'acteur-professeur (musicien à ses heures perdues aussi) dévoile cette tension de manière bien plus perceptible qu'à l'écrit.
Un réalisateur de talent, Laurent Cantet, est passé par là. François n'est pas le seul personnage authentique du film. Les élèves-acteurs, bien qu'ils soient avant tout des élèves jouant leur propre rôle (pour la plupart) sont impeccablement dirigés. Il s'agit bien d'un film, à l'opposé d'un docu-fiction...Un film authentique pourrait-on dire. Méritait-il donc sa palme? Telle n'était pas la question...Si je devais quand même y répondre? Je l'aurais décernée à Valse avec Bachir sans aucun doute possible.
Les cours de François se succèdent, entre les murs. Les saisons passent à grande vitesse. Les trimestres s'enchaînent sans que François ne parvienne à insuffler l'amour du savoir. Ni la précision des mots qu'il choisit, ni la rigueur de sa pensée n'auront raison de cette jeunesse à fleur de peau. Le constat d'échec est presque tangible. On pourrait croire qu'une connivence s'instaure progressivement entre le professeur et ses élèves. Il n'en est rien.
Alors que le livre manquait, selon moi, de relief (la faute peut-être à une écriture un peu décousue), le film est porté par la tension qui habite François Bégaudeau.En incarnant son propre rôle à l'écran (car François Marin c'est lui), l'acteur-professeur (musicien à ses heures perdues aussi) dévoile cette tension de manière bien plus perceptible qu'à l'écrit.
Un réalisateur de talent, Laurent Cantet, est passé par là. François n'est pas le seul personnage authentique du film. Les élèves-acteurs, bien qu'ils soient avant tout des élèves jouant leur propre rôle (pour la plupart) sont impeccablement dirigés. Il s'agit bien d'un film, à l'opposé d'un docu-fiction...Un film authentique pourrait-on dire. Méritait-il donc sa palme? Telle n'était pas la question...Si je devais quand même y répondre? Je l'aurais décernée à Valse avec Bachir sans aucun doute possible.















Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire