Le problème n'est pas la réalisation, plutôt honnête. Ni le jeu des acteurs, plutôt bon. Enfin, pour être plus précis, Steve Carell est à la hauteur. Il est crédible dans son rôle de veuf inconsolable, de père gâteau, de fils couvé et d'amoureux éperdu. On le croit sincère quand il se dit près du précipice à la vue de sa belle dans les bras de son frère. Il est touchant, pathétique comme il se doit. Et s'il ne réunit pas les canons de la beauté, on le trouverait presque beau dans ses habits de week-end passant le temps à essayer d'occulter la vision de cette femme inaccessible car déjà prise. Mais voilà, les atouts de Coup de foudre à Rhode Island s'arrêtent là. Ou plutôt se résument à ça, au jeu d'un acteur dont on savait déjà qu'il n'avait rien à prouver sauf, peut-être, qu'il pouvait aussi se prêter à des rôles plus sexys...
Le scénario n'est pas seulement dramatique, sans intérêt, improbable. Il est gênant. Vous en connaissez beaucoup des grandes et belles familles qui se réunissent dans la maison des parents, frères et soeurs complices, panoplie de petits enfants de tout âge courant autour des tables, qui se mettent à jouer au scrabble, à faire ensemble la gym le matin, à préparer des pancakes, à faire des spectacles le soir, au coin du feu? L'idée de base, celle de faire évoluer la "love story" au cours d'un week end familial, aurait été originale si elle avait été réaliste, ne serait-ce qu'une seule minute. Mais cette famille là ne ressemble pas vraiment à une famille.
Si le coup de foudre qui intervient dans les 5 premières minutes du film peut, à la limite, être crédible (mouaif), son évolution tout au long du film ne parvient pas à tirer le spectateur de l'ennui le plus profond dans lequel il sombre progressivement. Malgré sa fraîcheur et son rire cristallin, on a du mal à croire Juliette Binoche dans le rôle de la dulcinée qui tombe sous le charme de Steve Carell.
Coup de foudre à Rhode Island n'est ni drôle, ni sympathique. Ferait presque moins rêver que les Feux de l'amour, c'est tout dire...