"Les citronniers": des fruits au goût amer
Par Julie Buk, dimanche 4 mai 2008 :: Critiques :: #526 :: rss
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l'avis de Julie |
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Parmi eux, il y a Salma (Hiam Abbass). Jeune veuve palestinienne qui cultive ses citronniers à la frontière avec Israël. La vie est bien morne pour cette femme esseulée. Mais il lui reste une terre, celle que son père lui a léguée. Sa raison de vivre, ses racines. Sa vie est bouleversée quand le nouveau ministre de la défense israélien vient s'installer devant son verger, côté israélien. Les risques d'attaques et d'attentats trop présents conduisent l'Etat israélien à prendre la décision de déraciner les citronniers de la belle palestinienne. Mais cette dernière n'est pas de celles à se laisser faire. Elle est chez elle. Dédommagement ou pas, elle décide de se battre contre cet Etat, contre son voisin, contre les militaires. Rien ne semble lui faire peur. Armée de son courage, accompagnée d'un jeune avocat pugnace comme elle, elle part rencontrer les autorités israéliennes, palestiniennes. Puis c'est au tour des juridictions de se prononcer.
Que la vie est dure dans cette région où la terre est la meilleure au monde. Rien n'est facile, pas même cultiver trois citrons! Bien que ce soit aux travers des yeux d'une palestinienne que le réalisateur tente de montrer cette difficulté et que la souffrance qu'il dénonce soit, avant tout, celle du peuple palestinien, il n'en est pas pour autant manichéen. Il n'y a pas les bons et les méchants. Il y a un pays qui tente de se protéger contre une menace terroriste réelle. Il y a le peuple palestinienne qui tente de survivre. Et comme partout dans la vie, il y a des imbéciles, des sectaires. Salma ne souffre pas seulement de la décision de l'autorité militaire. Les siens la mettent à l'écart et refusent qu'elle puisse s'émanciper et vivre normalement une vie de femme. Parmi les siens, il y a aussi ceux qui portent la mitraillette à l'épaule et ne veulent que la destruction de l'Etat d'Israël. Quant à sa voisine, Mira, la femme du ministre, elle perçoit avec son regard de femme toute l'incohérence de la situation. Se protéger, oui. Mais à quel prix? Les murs sont-ils nécessaires? Trois citrons représentent-ils vraiment un danger pour la survie d'Israël? Même le ministre de la défense qui est présenté comme un homme dur et trop pragmatique, il avoue, officieusement, qu'il rêverait de pouvoir contempler les citronniers de sa voisine et qu'il ne veut pas la chasser. Derrière l'Etat, les militaires, les terroristes, il y a des hommes qui aimeraient vivre côte à côte sans avoir à se détester et à se craindre.
On comprend progressivement que l'entente et le respect mutuels sont illusoires. La paix est impossible. Là où la terre est la meilleure au monde, les arbres ne peuvent pas pousser tranquillement et donner des fruits auxquels chacun pourrait goûter.
La solution, la moins pire , que le réalisateur nous livre, c'est la séparation, pire, le divorce.
Son film est un cri de désespoir. Le bilan est sinistre. Et pourtant, il parvient à nous faire aimer cette terre et les hommes qui y vivent.
Le regard sévère que le réalisateur porte sur les israéliens n'est pas qu'une critique d'un israélien vis-à -vis de son propre pays c'est aussi une véritable autocritique du pays lui-même (le film a reçu le soutien financier du ministère de la culture israélien).
Le film, intime, humble, réaliste fait comprendre au spectateur la complexité de la situation dans cette région du monde. Ses personnages, même les plus secondaires, sont fouillés. On n'aime pas seulement Salma et Mira, ces deux femmes sensuelles filmées avec tant de pudeur. On aime le jeune soldat perché sur son mirador et qui prépare son entrée à l'université en révisant les tests. On aime la journaliste, amie de Mira, porteuse de la parole libre. Et on aime le vieux paysan palestinien qui n'a plus que Salma et les citronniers dans la vie. Son témoignage devant la cour suprême d'Israël n'est pas que le plaidoyer d'un palestinien pour sa terre. C'est le plaidoyer de deux peuples pour une terre.
Que la vie est dure dans cette région où la terre est la meilleure au monde. Rien n'est facile, pas même cultiver trois citrons! Bien que ce soit aux travers des yeux d'une palestinienne que le réalisateur tente de montrer cette difficulté et que la souffrance qu'il dénonce soit, avant tout, celle du peuple palestinien, il n'en est pas pour autant manichéen. Il n'y a pas les bons et les méchants. Il y a un pays qui tente de se protéger contre une menace terroriste réelle. Il y a le peuple palestinienne qui tente de survivre. Et comme partout dans la vie, il y a des imbéciles, des sectaires. Salma ne souffre pas seulement de la décision de l'autorité militaire. Les siens la mettent à l'écart et refusent qu'elle puisse s'émanciper et vivre normalement une vie de femme. Parmi les siens, il y a aussi ceux qui portent la mitraillette à l'épaule et ne veulent que la destruction de l'Etat d'Israël. Quant à sa voisine, Mira, la femme du ministre, elle perçoit avec son regard de femme toute l'incohérence de la situation. Se protéger, oui. Mais à quel prix? Les murs sont-ils nécessaires? Trois citrons représentent-ils vraiment un danger pour la survie d'Israël? Même le ministre de la défense qui est présenté comme un homme dur et trop pragmatique, il avoue, officieusement, qu'il rêverait de pouvoir contempler les citronniers de sa voisine et qu'il ne veut pas la chasser. Derrière l'Etat, les militaires, les terroristes, il y a des hommes qui aimeraient vivre côte à côte sans avoir à se détester et à se craindre.
On comprend progressivement que l'entente et le respect mutuels sont illusoires. La paix est impossible. Là où la terre est la meilleure au monde, les arbres ne peuvent pas pousser tranquillement et donner des fruits auxquels chacun pourrait goûter.
La solution, la moins pire , que le réalisateur nous livre, c'est la séparation, pire, le divorce.
Son film est un cri de désespoir. Le bilan est sinistre. Et pourtant, il parvient à nous faire aimer cette terre et les hommes qui y vivent.
Le regard sévère que le réalisateur porte sur les israéliens n'est pas qu'une critique d'un israélien vis-à -vis de son propre pays c'est aussi une véritable autocritique du pays lui-même (le film a reçu le soutien financier du ministère de la culture israélien).
Le film, intime, humble, réaliste fait comprendre au spectateur la complexité de la situation dans cette région du monde. Ses personnages, même les plus secondaires, sont fouillés. On n'aime pas seulement Salma et Mira, ces deux femmes sensuelles filmées avec tant de pudeur. On aime le jeune soldat perché sur son mirador et qui prépare son entrée à l'université en révisant les tests. On aime la journaliste, amie de Mira, porteuse de la parole libre. Et on aime le vieux paysan palestinien qui n'a plus que Salma et les citronniers dans la vie. Son témoignage devant la cour suprême d'Israël n'est pas que le plaidoyer d'un palestinien pour sa terre. C'est le plaidoyer de deux peuples pour une terre.























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