C'est dans ce Paris touchant et réaliste que des hommes et des femmes se cherchent, se trouvent, s'aiment, meurent et vont mourir.
Difficile de faire le pitch de ce énième film choral. On pourrait croire à un ersatz de Lelouch, à un mauvais mélo...Mais c'est à tort que Klapisch est comparé à Lelouch. Contrairement à ce dernier, il a une profondeur et une mélancolie qui porte le spectateur d'un bout à l'autre, le prend aux tripes jusqu'à lui faire tirer les larmes des yeux.
La gravité des thèmes abordés est toutefois allégée par des dialogues fins voire parfois drôles. Il y a aussi des notes d'espoir qui relativisent un peu cette tristesse ambiante. Paris, à l'image de la vie, est fait de changements, de paroxysmes, de chutes, d'illusions, de grandeur, de moments forts, d'espoir...de tous ces petits instants si particuliers et si singuliers qui empêchent chacun de s'ennuyer.
Porté par une gallerie d'acteurs admirables (pour le plaisir de citer les meilleurs d'entre eux: Romain Duris, Juliette Binoche, Albert Dupontel, Fabrice Luchini) le film est manoeuvré par un capitaine hors pair. On connaissait déjà le savoir faire de Klapish, sa précision, ses mises en scène réalistes, simples, ses BO léchées, ses délires, sa manière unique de filmer la beauté féminine. On le retrouve, avec plaisir, avec ses mêmes atouts mais avec cette fois une maturité que laissait déjà transparaître Les Poupées russes.