La proposition de l’enveloppe CNC attribuée à l’ADRC pour le tirage des copies destinées à la petite exploitation est en baisse significative (de 1750 à 1600 copies). Depuis quelques mois, plusieurs opérateurs de l’exploitation mènent une campagne juridique et médiatique à l’encontre de projets de cinéma à dominante culturelle, à l’initiative de cinémas municipaux (tels que Le Méliès à Montreuil) ou privés (tels que Le Comédia à Lyon). Le motif de ces attaques est celui de la concurrence déloyale. Des pressions de plus en plus fortes sont exercées sur les distributeurs de films indépendants pour priver les exploitants situés en périphérie ou bien dans les zones rurales de l’accès rapide aux films porteurs Art&Essai. L’augmentation du nombre d’interventions du médiateur étant le signe de cette forte tension dans le secteur. En octobre dernier, la Ministre de la Culture a nommé une Commission chargée d’étudier les règles de concurrence dans l’exploitation. Une première dans la profession. La mise en place de la diffusion numérique est imminente. Certaines modèles économiques proposés pénalisent la petite exploitation.

Le cinéma français se base sur 4 principes fondamentaux : l'exception culturelle qui légitime l'intervention des pouvoirs publics à tous les niveaux de la chaîne du cinéma, de la production à la diffusion, la solidarité à travers le système du fond de soutien à l'industrie cinématographique, la défense du cinéma comme outil culturel d'aménagement du territoire et de cohésion sociale illustrée par l'action de l'Agence pour le Développement Régional du Cinéma, et l'éducation au cinéma.

Face à cela, on parle aujourd'hui de la "libre concurrence", qui tendrait à remettre en cause les aides sélectives aux cinémas en territoires difficiles, les aides sélectives à la distribution, l'accès des petites salles aux copies grand public dans un délai correct, ... A terme on parle là de supprimer les vases communiquants du cinéma français, ce qui impliquerait forcément une rupture de solidarité entre les salles, et donc d'un côté des grands supermarchés du ciné avec des places à des tarifs exorbitants, et de l'autre des petites salles dans une précarité de plus en plus forte, qui finiraient par fermer les unes après les autres car privés de soutien pour salarier leurs gérants (est-il nécessaire de mentionner qu'aujourd'hui une importante partie des cinémas de proximité est encore en vie grâce au bénévolat ! et je peux vous dire que les conditions de travail sont déplorables) et privées de l'accès aux films porteurs qui permettent parfois de réapprovisionner les caisses en période critique...

Le vendredi 22 février au soir donc, une mobilisation générale des cinémas français aura lieu. Le type d'intervention reste le choix des exploitants : certains fermeront purement et simplement leurs portes, d'autres décaleront leurs séances ou organiseront un temps de sensibilisation auprès du public en première partie en présence d'autres professionnels. Renseignez-vous pour savoir quel type d'opération sera menée par votre ciné !