L'angoisse du temps qui passe oppresse le spectateur. Comment une petite fille peut-elle survivre seule? L'absence de rançon laisse planer le spectre de la pédophilie. Les jeunes détectives découvrent vite une piste délaissée. C'est bien un kidnapping. Sans rançon pourtant. L'enquête est close. S'ouvre une autre enquête. Un autre enfant. De nouveau le spectre de la pédophilie. Les jeunes détectives, comme deux chasseurs assoiffés, sont prêts à tout pour retrouver et faire punir les bourreaux d'enfants.
Tel est le thème central de ce film subtil. Sans parti pris, le réalisateur prend le soin de mettre à plat des situations atroces. Sans effusion de sang, sans larmes, il filme le temps qui passe, trop vite.
Les acteurs sont justes. Et si leurs rôles sont pour la plupart secondaires, ils n'en restent pas moins convaincants, simplement géniaux. Les 10 minutes jouées par Morgan Freeman sont essentielles. L'acteur fait preuve d'une sensibilité touchante. Quant à Ed Harris à qui l'on trouve des faux airs de Viggo Mortensen, sa froideur dévoile en réalité une générosité déplacée. On redécouvre enfin un acteur désormais incontournable, Casey Affleck, en homme juste et opiniatre.
Mais si ces acteurs se déplacent à la perfection dans ce film troublant c'est bien grâce à un réalisateur qui n'a plus rien à prouver. Son film est à la mesure du challenge qu'il s'était fixé. Quant à son rêve, "être Clint Eastwood", il ne semble pas loin d'être atteint. On attend avec impatience son prochain film, déjà convaincus du résultat. Un grand réalisateur est né!