"Paranoid Park": Gus Van Sant prend son temps
Par Jérôme, samedi 27 octobre 2007 :: Critiques :: #383 :: rss
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l'avis de Jérôme |
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Si l'histoire tient en une ligne c'est qu'elle ne sert que de trame à Gus Van Sant qui prolonge son analyse de la jeunesse, de la culpabilité, de l'insoucience.
Je me souviens encore du choc que j'avais ressenti après avoir vu Elephant. Un choc si fort que j'avais forcé Julie à le voir dès le lendemain, pour pouvoir partager cette expérience cinématographique: l'esthétisme de l'image, le traitement de l'histoire. Je n'avais pas osé voir Gerry et Last Days de peur d'être déçu et que cette déception entache le souvenir d'Elephant.
Paranoid Park prolonge le choc d'Elephant. On y retrouve les mêmes codes: un drame, l'adolescence, le mal-être, la quête de soi. Le traitement visuel de l'histoire est encore une fois exceptionnel. Les mêmes scènes se retrouvent à différents moments du film pour l'éclairer différemment.

Les multiples ralentis imposent leur rythme à cette histoire dramatique. Gus Van Sant joue littéralement avec les éléments. L'eau comme signe annonciateur d'une catastrophe (la scène de la douche est un chef d'oeuvre) et le feu pour la rédemption. L'image est floue parfois, mais c'est pour mieux accompagner Alex dans ses doutes.
La bande son est constamment à contre courant de l'image. Vous pourrez entendre des bluettes de Jazz, de la musique de cirque ou la symphonie N° de Beethoven. Les bruits ou même l'absence de bruit ajoutent à l'impression de mal-être ambiant. Les acteurs sont tous excellents, à commencer par Gabriel Nevins (Alex) troublant de réalisme.
Paranoid Park est une expérience cinématographique on peut ne pas aimer mais au moins vous pourrez dire que vous l'avez vécue.























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