Après un bon sevrage et une période d'interruption, Mr Brooks trop tenté par son mauvais diable (joué par un insupportable William Hurt) reprend du service. Mais, laissant par mégarde les rideaux ouverts, le voisin voyeur d'en face assiste au rituel criminel et décide de faire chanter le tueur. L'enquête est menée par l'inspecteur Tracy Atwood, femme flic désabusée, (Demi Moore est décidément abonnée aux rôles ridicules) qui tente de prouver au monde entier qu'elle n'est pas une fille à papa.
Là où le Silence des Agneaux avait excellé dans l'analyse de la relation incroyable entre Hannibal Lecter et Clarice Starling, Mr Brooks ne tente même pas d'exploiter le lien entre le tueur et la femme flic. La fascination mutuelle évidente est à peine évoquée, laissée à l'imagination du spectateur. Le réalisateur est franchement paresseux. Dès les premières minutes du film, il jette nonchalemment les bases du scénario et laisse celui-ci se dérouler platement, sans effort de mise en scène. Aucune des relations phares n'est creusée: Madame Brooks est reléguée aux fourneaux, la folie en héritage de Jane Brooks, la fille, complètement laissée à l'abandon et l'inspecteur Atwood n'est qu'un simple accessoire féminin à l'assassin. Quant au copycat (le voisin voyeur qui ne rêve que de passer à l'acte), il ne présente aucun intérêt. Tout est recentré sur le serial Killer dont la personnalité est plutôt inconsistante. On ne sait pas qui il est vraiment et surtout pourquoi il en arrive là. Il ne suscite ni sympathie, ni admiration. A l'inverse d'Hannibal Lecter qu'on imaginait supérieurement intelligent, doté d'un humour caustique et d'une capacité de séduction, Mister Brooks n'est qu'un costard vide, sans âme. Le serial Killer nouveau est arrivé...Il est bête sans être vraiment méchant. On ne l'aime pas!