Bruno, rocker un peu défraîchi, joue depuis 15 ans sa sempiternelle chanson "ma génération", dans des salles de concert de plus en plus désertées. Seule lui reste fidèle son éternelle meilleure copine Sandra (Elodie Bouchez). Quand Alice lui apprend qu'ils ont eu une fille, il doit gérer cette nouvelle, la relation père-fille et les complications qu'elles engendrent.
Mais en fait, Tel père, telle fille porte mal son titre. Il semblerait, à première vue, que le film porte sur la relation père-fille et sur la difficulté pour un homme encore très immature d'endosser un rôle inconnu jusque là. En réalité, le coeur du sujet c'est l'histoire de cet homme qui n'a pas su ou voulu grandir. C'est surtout l'histoire de toute une génération de trentenaires encore trop nostalgiques de leurs années "rock'n roll" pour vouloir arrêter le shit, les soirées interminables, les coups d'un soir. Car Bruno n'est pas seul. Autour de lui gravitent des femmes et des hommes inconsistants, un peu paumés. Si le film avait été plus recentré sur ce sujet et si le réalisateur avait davantage soigné son scénario, il aurait alors pu être intéressant. On aurait retrouvé un peu les mêmes ingrédients d' Un monde sans pitié (20 ans après). Mais n'est pas Eric Rochant qui veut...
Au lieu de cela, le film navigue entre deux intrigues: celle d'un ado attardé et celle d'un père qui tente de tisser une relation avec sa fille de 14 ans. La formule aurait pu encore marcher si l'histoire avait un sens, si les acteurs savaient jouer ou si le réalisateur avait su les diriger. Il n'en est rien.
Vincent Elbaz à force de vouloir jouer l'irresponsable en devient à peine audible.
Quant à la jeune adolescente, Nancy, elle n'a rien d'une rebelle malgré ses cheveux crêpés et son maquillage forcé. On ne la sent pas si mal dans ses basquettes ni même avide de liberté. Son personnage est creux puisque forcément tout est recentré sur le rôle du père.
Quant aux femmes de Bruno, on se demande laquelle d'entre elles gagnera le prix citron de la plus névrosée: l'ex qui n'a jamais su faire sa vie (vu et revu), Catherine (Frédérique Bel), la nana en analyse qui est attirée par les mecs qui ne savent pas s'attacher (vu et revu) ou la meilleure amie secrètement amoureuse qui elle aussi a 12 ans d'âge mental (vu et revu) ?
Les ingrédients n'étaient plutôt pas mauvais a priori. L'histoire d'une génération, en l'occurence celle qui va bientôt avoir 40 ans (le réalisateur, on l'aura deviné, qui est né en 1968, en fait partie), et qui n'a pas encore construit sa vie, aurait pu faire l'objet du film. Au lieu de cela, le réalisateur a cherché à noyer le noyau dur de son propos dans une vague affaire de "teen-ager" tête à claques. De toute façon, le film pêche par son manque de subtilité, de sensibilité, de nuances et son scénario vide. Les personnages sont des grossières caricatures d'une génération qui aurait certainement préféré qu'on la traite avec plus de finesse et de profondeur...No comment!