l'avis
de
Jérôme
bon
Il y a des livres, comme des films qui nous embarquent disait François Truffaut. Pour moi, Le scaphandre et le papillon en fait partie. La lecture du livre de Jean-Dominique Bauby m'avait beaucoup touché: son histoire, son courage, ses mots. Je ne peux m'empecher de rapprocher J.D. Bauby de H. Guibert qui avait si bien réussi à exprimer sa colère, sa souffrance (je vous conseille la lecture de A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie).
Jean-Dominique Bauby est rédacteur en chef du journal ELLE quand il est frappé par un accident vasculaire qui ne lui laisse que sa paupière gauche de mobile. Il a toutes ses capacités intellectuelles mais son seul lien avec l'extérieur c'est cet oeil.
Ses aides soignantes parviennent à mettre en place un système de communication qui lui permet de choisir une lettre de l'alphabet par simple clignement de son oeil.
Chaque jour il mémorise chaque page de son livre et dicte chaque lettre de chaque mot. Titanesque.
Le film aurait facilement pu sombrer dans le mélo mais, comme le livre, il nous livre le récit d'une expérience forte.
Au-delà du drame, il s'attache à nous faire vivre les sentiments du personnage principal par son unique point de vue. Pour arriver à ses fins Julian Schnabel déploie quelques trésors de mise en scène.
Le son et l'image sont presque toujours en phase avec ce que le personnage principal peut entendre ou voir. Le son est ainsi sourd ou l'image floue quand Jean-Do se réveille ou quand il est fatigué. On est avec lui dans ce corps, véritable prison.
Mais c'est avant tout l'histoire d'un homme: ses rêves, son rapport avec les autres, les femmes en particulier, ses regrets, sa frustration de ce qu'il ne serra jamais.
Tout comme dans le livre, le film tire sa force dans sa sincérité. C'en est une belle adaptation.