l'avis
de
Jérôme

Lulu (Chloé Coulloud) est une ado de 15 ans mal dans sa peau. Fille unique, elle se demande si un jour sa mère (Karin Viard) a été heureuse tant la pauvre femme fait peine à voir. Jusqu'au jour ou elle découvre une photo de sa mère aux allures de beatnik fêtarde. Si un jour elle a souri c'est qu'elle sait sourire. Lulu se met donc à la recherche de ce qui a bien pu rendre sa mère heureuse.
Difficile de définir le genre dans La tête de maman. Sûrement parce que c'est d'abord une histoire d'adulte, la recherche du bonheur, vue par les yeux d'une adolescente. On sourit souvent des dialogues savoureux. Les effets de mise en scène sont intelligents. Je pense à la mère assise sur son banc devant un mur qui se transforme en scène de cinéma. Toute cette atmosphère rend la première partie du film plus proche d'une comédie. Le film change de ton, consciemment ou pas, dès que Lulu rencontre Jacques. Il devient plus dramatique, plus grave. Il aborde des grands thèmes.
C'est finalement ce changement de rythme qui déroute le plus. On ne sait plus si c'est un film dôle ou un drame. Le mélange de genres n'est jamais génant au cinéma mais il faut que cela soit harmonieux. La rupture est ici un peu déconcertante.
Reste tout de même des comédiens excellents. Je pense surtout à Chloé Coulloud (découvert par Sylvie Peyrucq qui n'en est pas à son coup d'essai) qui joue juste, Kad Merad excellent de simplicité, Pascal Elbé que j'ai découvert et une mention spéciale à Sarah Cohen-Hadria en adolescente affirmée. J'ai volontairement omis Karine Viard qui, à mon goût, ne devient crédible que dans la deuxième partie du film.
La tête de maman est finalement un film plus riche que l'affiche et le titre ne pouvaient le laisser croire et qui mériterait de trouver son public.