La semaine passée, je mettais en avant le résultat catastrophique qu'un scénario absurde produit sur le spectateur .Il existe heureusement des scénarii jouissifs d'intelligence : ils sont plus rares ...Il faut donc remonter légèrement dans le temps pour tomber sur quelques films qui, malgré la complexité de leur histoire (flash backs incessants, personnages inventés, voyage dans le temps, ...) m'ont apporté une réelle satsifaction . J'en choisirai 2 : L'Armée de 12 Singes et Usual Suspects .

Si le choix du second apparait comme une évidence - on peut même aujourd'hui le considérer comme le modèle du genre - je pense que l'Armée des 12 Singes est injustement passé plus inaperçu .


Malgré une histoire de voyage spatio-temporel, avec déchirure du contunium du même nom (chère à M.Gotlieb), paradoxe et autre flash back incessant entre guerre de 14-18, futur plus ou moins proche, et présent, le scénario retombe sur ses pieds, pour nous entrainer vers une fin aussi étonnante que déprimante ... Grace à une réalisation de maître, et à des acteurs réussissant là où on les attend le moins, en sortant de ce film, on a une seule envie : le revoir pour remettre toute l'histoire en ordre ; et même au bout de 5 visionnages, on réalise que tout est cohérent et bien ficelé : quel bonheur !!!


Le même réflexe nous prend en sortant de Usual Suspects : revoir le film, et voir à quel moment on s'est fait piéger !

A ce moment, on réalise que l'intelligence du scénario repose justement sur le fait qu'on se fera piéger à chaque fois, puisque toute l'histoire est inventée ; en fait, ce qui nous aggace - en en même temps nous impressionne, c'est justement l'idée d'une fiction dans la fiction ...

Habituellement, le film raconte une histoire sensée être vraie, ou véridique .Là, le film passe son temps à nous raconter une histoire qui se révèle totalement fausse, inventée par son narrateur .Et alors qu'on accepte, depuis les contes de fées, qu'on nous raconte des histoires, la force de ce film est de nous révolter en nous racontant une histoire, simplement parce qu'il nous rappelle qu'elle est fausse .C'est comme si à la fin du Petit Chaperon Rouge, nos parents nous disaient : "ca t'a plu ? et bien il n'a jamais existé !" .On le sait, mais on est vexé d'y avoir cru (et de l'avoir montré ...)
Mais pour arriver à cet effet de frustration ("comment je me suis fait berné !"), il faut tout le savoir faire d'un réalisateur talentueux (d'avantage que pour Superman Returns), d'un scénario au millimètre, et bien sûr d'acteurs acceptant de jouer des personnages fictifs dont on apprend qu'ils n'ont jamais existé (en dehors du role de K.Spacey, et encore ...) .
Et là, on se sent très bête, mais : quel bonheur !!!